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Effacer une fiche TAJ : conditions, demande au procureur et recours
Une plainte classée, une relaxe, une vieille affaire : le fichier TAJ (traitement d’antécédents judiciaires) peut garder votre trace longtemps après la fin de la procédure, et ressurgir lors d’une enquête administrative. Son effacement ne se fait pas en préfecture : il se demande au procureur de la République, qui répond en principe sous deux mois. Ce guide rassemble les conditions, la marche à suivre et les recours. SOS Casier vous met en relation avec des avocats partenaires pour préparer la demande ; voir aussi notre page effacement du TAJ.
La demande d’effacement d’une fiche TAJ s’adresse, par écrit, au procureur de la République (ou au magistrat référent), qui dispose de deux mois pour se prononcer. Les chances dépendent de l’issue de l’affaire : relaxe ou acquittement, non-lieu ou classement sans suite, ou condamnation dont plus aucune mention ne figure au bulletin n°2. En cas de refus, un recours est possible dans le délai d’un mois devant le président de la chambre de l’instruction.
Le TAJ, qu’est-ce que c’est ?
Le TAJ est un fichier de police et de gendarmerie prévu aux articles 230-6 et suivants du code de procédure pénale. Il recense les personnes mises en cause dans une enquête, et les victimes, même lorsqu’aucune condamnation n’a été prononcée. C’est sa différence majeure avec le casier judiciaire, qui ne contient que des décisions de justice ; nous la détaillons dans notre article sur les différences entre TAJ et casier judiciaire.
Le fichier est consulté lors d’enquêtes administratives : emplois sensibles, sécurité privée, certains agréments, demandes de titre de séjour ou de naturalisation. Une fiche peut donc bloquer un projet alors que votre bulletin n°3 est vierge.
Dans quels cas peut-on obtenir l’effacement ?
Tout dépend de l’issue de l’affaire. Le tableau ci-dessous résume les règles de l’article 230-8 du code de procédure pénale :
| Issue de la procédure | Règle de principe | Ce que vous pouvez demander |
|---|---|---|
| Relaxe ou acquittement définitif | Les données sont effacées, sauf si le procureur en prescrit le maintien | L’effacement si la fiche a été maintenue |
| Non-lieu ou classement sans suite | La décision est mentionnée sur la fiche, sauf si le procureur ordonne l’effacement | L’effacement, en particulier quand l’infraction n’est pas caractérisée (voir TAJ et classement sans suite) |
| Condamnation | La demande n’est recevable que lorsque plus aucune mention de nature pénale ne figure au bulletin n°2 | L’effacement, après avoir obtenu le retrait du bulletin n°2 |
| Données inexactes | Les informations doivent être exactes et à jour | La rectification de la fiche |
Le procureur dispose d’un pouvoir d’appréciation : il tient compte de la nature des faits, de leur ancienneté et de votre situation. Une demande documentée a plus de chances d’aboutir qu’une lettre de deux lignes.
Combien de temps reste-t-on fiché sans rien faire ?
Sans démarche, les données sont conservées pendant des durées fixées par la partie réglementaire du code de procédure pénale. Selon service-public.gouv.fr, la durée de principe est de :
- 20 ans pour un majeur mis en cause, ramenés à 5 ans pour certaines infractions de faible gravité et portés à 40 ans pour les plus graves ;
- 5 ans en principe pour un mineur mis en cause, avec des durées plus longues pour les faits graves ;
- 15 ans au maximum pour une victime.
Attendre l’expiration de ces délais n’est donc pas une stratégie réaliste lorsque la fiche bloque un emploi ou un titre de séjour.
La demande au procureur, étape par étape
- Identifier le bon interlocuteur : le procureur de la République du tribunal judiciaire qui a traité l’affaire, ou le magistrat référent chargé du suivi des fichiers.
- Rédiger une demande écrite et motivée : votre identité, les références de la procédure (date, service enquêteur, numéro si vous l’avez), l’issue de l’affaire et l’objet précis de la demande (effacement ou rectification).
- Joindre les pièces : pièce d’identité, copie de la décision (avis de classement, jugement de relaxe, ordonnance de non-lieu), et tout justificatif utile (emploi, projet professionnel bloqué, formation).
- Envoyer en recommandé avec accusé de réception et conserver la preuve : la date de réception fait courir le délai de réponse.
- Suivre les délais : le procureur dispose de deux mois pour se prononcer.
La demande est gratuite. L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire, mais elle change souvent la qualité du dossier, surtout lorsque l’affaire est ancienne ou que plusieurs procédures se croisent.
Une fiche TAJ bloque votre embauche, votre agrément ou votre titre de séjour ? Un avocat partenaire analyse votre situation et rédige la demande au procureur. Remplir le questionnaire
Et si le procureur refuse ?
Les décisions du procureur en matière d’effacement ou de rectification peuvent faire l’objet d’un recours devant le président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel. D’après service-public.gouv.fr, ce recours doit être formé dans un délai d’un mois à compter de la notification du refus. Les délais et la gestion d’une absence de réponse sont détaillés dans notre article sur le délai du procureur et les recours.
Ce que l’effacement change, et ce qu’il ne change pas
- L’effacement du TAJ n’efface pas le casier judiciaire : s’il y a eu condamnation, le bulletin n°2 se traite séparément.
- Il ne concerne pas les autres fichiers, comme le FIJAISV, qui obéissent à leurs propres procédures.
- Une fois la fiche effacée, elle ne peut plus être opposée lors d’une enquête administrative ultérieure.
Questions fréquentes
Faut-il passer par la préfecture pour effacer le TAJ ?
Non. La préfecture consulte le TAJ, mais la décision d’effacement appartient au procureur de la République ou au magistrat référent, auxquels la demande doit être adressée.
L’effacement est-il automatique après une relaxe ?
En principe, les données sont effacées après une relaxe ou un acquittement définitif, sauf si le procureur en ordonne le maintien. En pratique, il est prudent de vérifier et, si besoin, de demander l’effacement.
Combien de temps prend la procédure ?
Le procureur dispose de deux mois. En cas de refus, le recours devant le président de la chambre de l’instruction doit être formé dans le mois qui suit la notification.
Peut-on demander l’effacement après une condamnation ?
Oui, mais seulement lorsque plus aucune mention de nature pénale ne figure au bulletin n°2 du casier. Il faut donc souvent commencer par l’effacement du bulletin n°2.
Besoin d’aide pour votre demande ? Remplissez le questionnaire pour être mis en relation avec un avocat partenaire, ou consultez notre page effacement du TAJ. 📞 09 78 45 04 33
SOS Casier est un service de mise en relation avec des avocats partenaires et ne délivre pas d’extrait de casier judiciaire. Ces informations générales ne constituent pas un conseil juridique individualisé.
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Nous vous aidons à comprendre les démarches pour effacer votre casier judiciaire. Nos conseillers sont disponibles pour vous orienter vers l’avocat le mieux adapté à votre situation.
Articles 230-6 à 230-11 du code de procédure pénale (traitements d’antécédents judiciaires) — Article 230-8 du code de procédure pénale (effacement, rectification, recours devant le président de la chambre de l’instruction) — Articles R. 40-23 et suivants du code de procédure pénale (durées de conservation).
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