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Relèvement d’incapacité : travailler auprès de mineurs malgré une condamnation
C’est la question qui reste sans réponse dans la plupart des articles consacrés à l’honorabilité : que faire lorsque la loi interdit expressément d’effacer la condamnation du bulletin n°2 ? La réponse existe, et elle s’appelle le relèvement. Plutôt que de s’attaquer à la trace de la condamnation, cette procédure vise directement l’interdiction d’exercer qui en découle. C’est souvent la dernière voie ouverte, et les avocats partenaires de SOS Casier en font un axe de travail à part entière.
Le relèvement ne supprime pas la condamnation : il lève l’interdiction, la déchéance ou l’incapacité qui en résulte. Il est prévu par l’article 132-21 du code pénal et l’article 702-1 du code de procédure pénale. Son intérêt est décisif lorsque l’article 775-1 du code de procédure pénale ferme la voie de l’effacement du bulletin n°2, ce qui est le cas des infractions visées à l’article 706-47. La juridiction apprécie votre parcours depuis les faits : la qualité du dossier compte davantage que le seul écoulement du temps.
Pourquoi le relèvement existe
Une condamnation pénale ne produit pas seulement une peine. Elle peut entraîner, parfois automatiquement, une incapacité : l’interdiction d’exercer une activité, d’obtenir un agrément ou d’intervenir auprès de mineurs. Cette conséquence dure souvent bien plus longtemps que la peine elle-même, et c’est elle qui bloque un projet professionnel des années plus tard.
Le législateur a prévu un correctif. L’article 132-21 du code pénal permet à la juridiction de relever une personne des interdictions, déchéances et incapacités résultant de sa condamnation, et l’article 702-1 du code de procédure pénale en organise la procédure. L’idée est simple : la sanction ne doit pas devenir perpétuelle pour quelqu’un qui a changé.
La différence avec l’effacement et la réhabilitation
Ces trois notions sont régulièrement confondues, alors qu’elles n’agissent pas sur le même objet.
| Procédure | Ce sur quoi elle agit | Effet recherché |
|---|---|---|
| Effacement du B2 (art. 775-1 CPP) | La mention au bulletin n°2 | La condamnation n’apparaît plus lors du contrôle |
| Réhabilitation | La condamnation elle-même | Effacement pour l’avenir, après délai ou décision |
| Relèvement | L’interdiction ou l’incapacité | Le droit d’exercer est restitué, la condamnation subsiste |
La conséquence pratique est importante : même si la condamnation reste inscrite, le relèvement peut rendre à nouveau possible l’exercice d’une activité auprès d’enfants. C’est pourquoi il constitue le véritable recours de fond dans les dossiers les plus difficiles.
Le cas où le relèvement devient indispensable
L’article 775-1 du code de procédure pénale autorise le retrait de la mention du bulletin n°2, mais il exclut expressément les condamnations prononcées pour les infractions visées à l’article 706-47 du même code, qui recouvrent notamment les infractions sexuelles et les atteintes aux mineurs.
Or ce sont précisément ces infractions qui fondent le plus souvent un refus d’attestation d’honorabilité. Autrement dit, dans une large part des dossiers, la voie de l’effacement est fermée dès le départ. Tout cabinet qui promettrait un effacement dans cette hypothèse se tromperait, ou vous tromperait. Le travail utile consiste alors à construire une demande de relèvement.
Vous avez reçu un refus et on vous a dit que rien n’était possible ? Cela mérite vérification. Remplissez le questionnaire en ligne pour être mis en relation avec un avocat partenaire qui détermine si un relèvement est envisageable dans votre situation.
Qui peut demander un relèvement, et quand ?
La demande peut être présentée par la personne condamnée. Elle peut être formée dès la condamnation dans certains cas, ou après l’expiration d’un délai suivant la décision, selon la nature de l’interdiction et le moment où elle a été prononcée. La juridiction compétente est en principe celle qui a prononcé la condamnation.
En cas de rejet, une nouvelle demande peut généralement être présentée après un certain délai. Ces règles de recevabilité sont techniques et varient selon les situations : c’est l’un des points où l’assistance d’un avocat évite de perdre une année sur une requête mal calibrée.
Ce qui fait la différence dans un dossier
La juridiction ne se contente pas de compter les années. Elle apprécie une trajectoire. Les éléments qui pèsent le plus sont généralement :
- L’ancienneté des faits et l’absence de nouvelle condamnation depuis lors ;
- L’insertion professionnelle : contrat de travail, promesse d’embauche, formation en cours, attestations d’employeurs ;
- La stabilité personnelle et familiale, documentée et non simplement affirmée ;
- Le suivi éventuel : soins, accompagnement, démarches entreprises de votre propre initiative ;
- Le projet concret auquel l’incapacité fait obstacle, exposé précisément.
Un dossier qui se limite à invoquer le temps écoulé est faible. Un dossier qui démontre, pièces à l’appui, une reconstruction durable et un projet identifié a nettement plus de chances d’aboutir. C’est un travail de constitution de preuves autant qu’un travail juridique.
Et après le relèvement ?
Si le relèvement est accordé, l’incapacité qui vous écartait disparaît. Une nouvelle demande d’attestation d’honorabilité peut alors être formée, et votre dossier professionnel ou d’agrément représenté. Selon les situations, une demande d’effacement du FIJAISV peut aussi être menée en parallèle, car les deux sources sont interrogées lors du contrôle.
Questions fréquentes
Le relèvement efface-t-il ma condamnation ?
Non. La condamnation subsiste et peut rester inscrite au casier. Ce qui disparaît, c’est l’interdiction ou l’incapacité qui en découlait. C’est précisément ce qui permet de retrouver l’accès à une activité.
Puis-je demander un relèvement et un effacement en même temps ?
Les deux démarches ne s’excluent pas et peuvent, selon les cas, être articulées. Lorsque l’effacement est légalement fermé, seule la demande de relèvement conserve un sens. L’analyse préalable du dossier permet de choisir.
Combien de temps faut-il compter ?
Les délais dépendent de la juridiction saisie et de la complexité de l’affaire, et se comptent en mois. Mieux vaut engager la démarche dès que le blocage apparaît plutôt qu’à l’approche d’une échéance de contrat.
Ai-je besoin d’un avocat ?
Ce n’est pas une simple formalité administrative : il s’agit d’une requête devant une juridiction pénale, avec des règles de recevabilité précises et un travail de démonstration. L’assistance d’un avocat est vivement recommandée.
Une interdiction n’est pas forcément définitive. Remplissez le questionnaire pour être mis en relation avec un avocat partenaire et faire examiner une demande de relèvement, en complément si besoin d’une procédure d’effacement du casier. Pour le contexte, consultez nos recours en cas de refus d’attestation. 📞 09 78 45 04 33
Cet article est fourni à titre d’information générale et ne constitue pas un conseil juridique individualisé. Chaque situation étant particulière, seul un avocat partenaire peut évaluer précisément vos droits et les démarches adaptées.
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Article 132-21 du code pénal (relèvement des interdictions, déchéances et incapacités) — Article 702-1 du code de procédure pénale (procédure de relèvement) — Article 775-1 du code de procédure pénale (exclusion de la mention au bulletin n°2) — Article 706-47 du code de procédure pénale (infractions exclues de l’article 775-1) — Articles 782 et suivants du code de procédure pénale (réhabilitation judiciaire) — Article L. 133-6 du code de l’action sociale et des familles.
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